Ma première course : Paris Versailles (2015) !

Mon histoire ; moi et la course.

D'où m'est venue l'envie de participer à une course ? 
Il y a un avant et un après. Avant, je n'aimais pas le sport. Puis il y a eu ce déclic (celui où vous n'êtes plus à l'aise avec votre corps ; et où vous vous rendez compte que ça ne peut plus durer) et soudainement, je me suis mise au sport. D'abord pour me tonifier, ensuite par envie. L'envie de bouger, de sortir. 
C'est ainsi que j'ai commencé la natation. 
Euh ... tu ne devais pas nous parler running, là ? 
La piscine m'a donné beaucoup de tonus et l'envie irrépressible de BOUGER. Quand on prend goût au sport, on a toujours envie de plus de sport. Envie de se dépasser, de s'écarter de sa routine. 
C'est en seconde alors que nous faisions endurance que j'ai aimé courir. 
Avant, je courais une fois de temps en temps, jamais bien longtemps, pour éliminer (vous voyez ?). Mais la piscine a tout changé. Tout de suite, je me suis rendue compte que j'avais un meilleur souffle, une meilleure foulée, que j'avais nettement plus de facilité à courir. C'est là que j'ai pu apprécier la course. 
Alors j'ai continué. Les débuts ont tout de même été rudes. Chaque dimanche, j'ai emmené ma mère courir aux Bois de Vincennes avec moi. Nager ensemble nous avait rapproché, courir à deux nous a motivé. Un quart d'heure, une demie heure, une heure, une heure et demie ... au fur et à mesure que l'on pratiquait, on pouvait courir plus longtemps, plus vite. Chaque dimanche matin était réservé à la course, et on y allait avec envie. Cela s'est fait progressivement. On allait à notre rythme et c'est comme ça que nous avons progressé (sans pour autant négliger la natation, bien entendu !). 
Au bout de trois ans, j'ai eu envie de plus. Un défi. 
La sensation qu'on éprouve en courant est unique. C'est un réel dépassement de soi à chaque pas, à chaque kilomètre. C'est une libération. On se déleste du poids du quotidien, des tracas de sa petite vie de sorte de respirer un nouvelle air frais. C'est tout simplement une bouffée d'énergie ! Après un run, je me sens toujours plus dynamique qu'avant
Tout le monde a été surpris que je change autant ; que je passe d'aucun sport à une moyenne de 6 heures par semaine. Surtout mon grand-père, ex-marathonien qui adore Paris-Versailles. C'est lui qui nous a mises au défi, qui nous a narré l'ambiance, l’effervescence et la beauté de la course.
J'ai vécu la perspective de cette course comme un défi à moi-même, une preuve. Je voulais me prouver que j'en étais capable. Que j'avais la force, le mental pour tenir le long de ces 16 kilomètres. 
Et pourquoi pas ? 
Alors, on courait déjà une heure sans problèmes, soit 10/11 kilomètres. 
J'avais un autre défi en tête : courir sans m'arrêter, ne pas marcher. Courir de la Tour Eiffel jusqu'au Château de Versailles debout, fière et conquérante. 

Mon entraînement :

On a commencé à s'entraîner assidûment presque un an avant Paris-Versailles. Avec 3 piscines par semaine, on ne pouvait courir qu'une seule fois dans la semaine, soit le dimanche. Au fil des séances, on essayait d'augmenter soit la cadence soit la longueur. Courir aux Bois de Vincennes est vraiment top car l'air est frais, le sol n'est pas trop dur et le cadre vert est vraiment sympa.
J'ai téléchargé l'appli NikeRunning+ où j'ai pu suivre ma vitesse, les kilomètres parcourus et mes progrès. C'est mon appli préférée car simple, gratuite et efficace ! On peut courir avec ou sans musique, avec ou sans encouragements. Personnellement, je cours sans musique si je suis accompagnée mais avec les encouragements tous les kilomètres ce qui permet de suivre sa progression, de savoir où on en est et si on peut courir encore un peu plus. Ça donne vraiment envie de courir, toujours plus, et d'être assidue.
Je dois bien avouer avoir pris peur. Peur de cette Côte des gardes (la fameuse côte que tous les coureurs craignent et attendent tout à la fois) ; l'ETAPE du parcours.
Mais on a couru chaque dimanche un peu plus à mesure que septembre approchait : 14 km, 16 km, 16,5 km ... en 1h30. Sur un terrain plus ou moins plat néanmoins.
Alors on s'est entraîné à courir en montées : Côte de Baltard, la montée de la rue de Watteau .... des côtes assez faciles en soit mais qui permettent de faire monter le rythme cardiaque et de muscler les cuisses. Le jour J, je craignais toujours cette côte ... mais je me sentais prête.

Par ailleurs, on s'est pas mal renseigné via des magazines comme Vital, Shape, le nouveau Tonic et surtout Running dont l'un des numéro parlait des courses incontournables comme Paris-Versailles et des gestes à adopter avant une première course.
Ce qui m'intéressait surtout était de trouver le meilleur régime alimentaire à instaurer. Une semaine avant la course, il faut notamment beaucoup boire ; faire le plein de féculents et sucres lents ; manger des viandes maigres et blanches ; ne pas se restreindre mais ne pas se gaver non plus. Les trois derniers jours sont les plus importants : mieux vaut privilégier le pain blanc au lieu du pain complet, prendre au moins un féculent (pomme de terre, pâtes, riz) par jour.
Le jour J, prenez un bon petit déjeuner complet au moins deux/trois heures avant la course. Par exemple : du muesli au lait (végétal ou animal), un thé chaud, des amandes et des fruits ou de la compte. Moi ça a été un petit déj de championne : porridge soja vanille parsemé d'une banane mûre et d'abricots secs, un thé noir, un peu de compote pomme-vanille, et un riz au lait vanillé maison. Je ne me sentais pas trop pleine et cela m'a permise de tenir tout le long de la course (même si je me suis aussi ravitaillée).

La course ; le Jour J :

Un peu d'excitation. Un peu d'euphorie. Un peu de doutes : vais-je y arriver ? Je me suis un peu mis la pression, à tort. 
Cette course fut une expérience EXTRAORDINAIRE. 
Je me suis levée vers 6h40, j'ai pris mon gros petit déjeuner et j'ai lu avant de m'habiller. Il faisait assez froid et du vent à 50km/h était prévu. Du coup, on s'est habillé en conséquence. Pour moi : leggings de sport Nike, tee-shirt Nike, basket Nike, tee-shirt de Paris-Versailles (récupéré la veille avec le dossard à Issy-les-Moulineaux) et une veste à capuche Athletic. 





J'ai attaché mon dossard sur mon tee-shirt bleu. J'ai accroché à mon bras mon "porte-ipod" où j'ai glissé mouchoir, argent et tickets de transport. 
Nous sommes arrivées aux alentours de 10h. Dans les transports, on a rencontré d'autres coureurs, enthousiastes qui avaient déjà fait cette course et nous ont donné des conseils. 
Une fois à Bir-Hakeim, on a été choquée par le nombres de coureurs déjà sur place. Choc de couleurs, surtout. L'ambiance était folle : les présentateurs, la musique, les bousculades, la bonne humeur ... On est entré dans la foule. Tout le monde était compressé les uns contre les autres mais on souriait. On attendait patiemment notre passage (vagues de 365 coureurs toutes les minutes quand même). Sur les 60 vagues, nous étions la 41ème à partir. Chaque vague tentait de battre le record de décibels. Pour le moment, le vainqueur était la 38ème vague, raccord avec la 38ème édition. 

Top départ et ... ça commence. 
(dénivelé de la course)
Les étapes : 
  • Départ de Paris, au pied de la Tour Eiffel,
  • Issy Les Moulineaux, par les quais de la Seine,
  • Meudon, avec la célèbre "Côte des Gardes" et son parcours forestier,
  • Chaville, en bas de la descente des fonds de la chapelle,
  • Vélizy et Viroflay, une longue ligne droite vallonnée et en sous-bois,
  • Arrivée à Versailles, avenue de Paris, face au Château de Versailles
On court, on se faufile, on salue ceux qui sont venus nous voir et nous encourager. Certains scandent nos noms "Allez Ophélie !". C'est juste dingue !
On passe sous les tunnels et l'écho d'un "Po po po po po po poo" retentit. 
Avant les côtes, certains lancent des "Courage". 
On nous applaudit. des fanfares jouent pour nous. 
Les kilomètres passent sans qu'on ne s'en rende compte. 
Bientôt 5 km et la Côte des Gardes. 
Raide, pentue, longue ... Je ralentie pour me ménager. Je respire profondément. Je monte. C'est dur mais c'est bon. C'est dur mais j'y arrive. 
Au 8ème km, on en voit le bout. Et c'est juste formidable. Tout le monde se félicite, s'applaudit, lève les bras ... On est fier et même s'il reste encore la moitié du chemin le plus dur est passé. Enfin croit-on car il y a encore des côte, celle du cimetière, des plus douces ... Au ravitaillement, je prend des quartiers d'orange qui me font un bien fou et un peu d'eau. Je fais gaffe où je mets mes pieds. Et on poursuit. 
On va plus vite. Il y a même des descentes. On est dans la forêt. C'est bon, c'est bien. J'ai l'impression de commencé seulement à courir. 
12km. On voit bientôt le bout. L'arrivée ! La longue allée de Paris. On accélère. On touche au bout. On crâne devant les objectifs. Le sourire aux lèvres. Et on passe la ligne d'arrivée, le sourire jusqu'aux oreilles. On est fière. On est heureuse. On y est arrivé. On aurait presque envie de repartir.
Des jeunes bénévoles nous passent la médaille au cou et nous offre notre petit sac de subsistance. On prend des photos, on rit, on bavarde ... 
C'est un souvenir merveilleux. Une expérience inoubliable. 
Et je crois bien que moi aussi je reviendrais l'année prochaine ... 
Ma première course à 18 ans. 16,3 km. 1h40,01. 
Fière, debout et conquérante. 






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